Encore une nouveauté de la CNIL passée sous les radars…
Tu envoies une newsletter à tes clients ou à tes abonnés ?
Alors tu as peut-être entendu parler des pixels de suivi et des nouvelles recommandations de la CNIL.
Depuis quelques jours, de nombreuses entreprises mettent à jour leurs pratiques et informent leurs abonnés de l’utilisation de ces technologies.
Mais concrètement, qu’est-ce que cela change pour une petite entreprise, un artisan ou une entrepreneuse qui utilise MailPoet, Brevo ou Mailchimp ?
Faisons le point, simplement, sur ce que l’on sait à ce jour.
Si tu t’es demandé :
- Pourquoi je reçois ce mail ?
- Est-ce une nouvelle obligation ?
- Est-ce que moi aussi je suis concerné(e) si j’envoie une newsletter ?
Tu n’es pas seul(e).
Bonne nouvelle : inutile de paniquer.
À ce jour, il ne s’agit pas d’une révolution du RGPD, mais d’une évolution des recommandations de la CNIL concernant une pratique très répandue dans l’email marketing.
Qu’est-ce qu’un pixel de suivi dans une newsletter ?
Derrière ce nom un peu technique se cache quelque chose de très simple.
Un pixel de suivi est une image invisible (généralement d’un seul pixel) intégrée dans un email.
Lorsque tu ouvres ce message, cette image est chargée automatiquement.
Cela permet à l’expéditeur de récupérer certaines informations statistiques, par exemple :
- si l’email a été ouvert ;
- à quelle date ;
- parfois sur quel type d’appareil ;
- et de mesurer l’efficacité d’une campagne.
À cela s’ajoute généralement le suivi des clics sur les liens présents dans la newsletter.
Pourquoi les entreprises utilisent-elles ces pixels ?
L’objectif n’est pas forcément de « surveiller » les internautes.
Dans la majorité des cas, ces données servent à améliorer les campagnes d’emailing.
Par exemple :
- éviter d’envoyer une newsletter à quelqu’un qui ne les ouvre jamais ;
- identifier les sujets qui intéressent le plus les abonnés ;
- mesurer les performances d’une campagne ;
- améliorer les futurs contenus.
C’est exactement ce qu’explique, par exemple, Gémo dans le mail envoyé à ses clients.
L’enseigne indique utiliser ces données pour limiter les sollicitations inutiles et proposer des contenus plus pertinents.
Une démarche qui est aujourd’hui très courante chez la plupart des grands acteurs du e-commerce.
Pourquoi reçoit-on tous ce type de mail ?
Depuis plusieurs mois, la CNIL travaille sur les technologies de suivi utilisées dans les emails marketing.
L’objectif n’est pas de créer une nouvelle loi.
Les règles existaient déjà.
En revanche, la CNIL précise progressivement comment elles doivent être appliquées aux pixels de suivihttps://www.cnil.fr/fr/recommandation-pixel-suivi-courriels présents dans les newsletters, notamment au regard de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose la directive européenne ePrivacy.
Autrement dit…
Ce sont surtout les recommandations d’application qui évoluent.
C’est pourquoi certaines entreprises préfèrent informer leurs abonnés, adapter leurs pratiques ou mettre à jour leur documentation.
Tous les entrepreneurs sont-ils concernés ?
Pas exactement.
Tout dépend de l’utilisation que tu fais de l’email.
Il est important de distinguer deux situations.
Les emails transactionnels
Ce sont les emails indispensables au fonctionnement de ton activité.
Par exemple :
- confirmation de commande ;
- facture ;
- devis ;
- confirmation de rendez-vous ;
- suivi de livraison ;
- réinitialisation d’un mot de passe.
Ces messages ne poursuivent pas un objectif publicitaire.
Ils répondent à une demande du client.
Les emails marketing
En revanche, les newsletters commerciales, promotions, relances marketing ou campagnes publicitaires sont directement concernées par ces réflexions.
C’est principalement dans ce contexte que le suivi des ouvertures et des clics soulève des questions en matière de protection des données personnelles.
Ce que l’on sait aujourd’hui
À l’heure où j’écris cet article, plusieurs points semblent se dégager.
✔ Les pixels de suivi ne sont pas interdits.
✔ La CNIL rappelle surtout que leur utilisation doit respecter les règles existantes relatives au consentement et à la protection des données.
✔ Les modalités précises peuvent varier selon les usages et les finalités du suivi.
Autrement dit…
Toutes les newsletters ne sont pas automatiquement concernées de la même manière.
C’est pourquoi il est important de rester prudent et de suivre les communications officielles de la CNIL ainsi que les évolutions proposées par les principaux outils d’emailing.
Et si j’utilise MailPoet, Brevo ou Mailchimp ?
Ces plateformes proposent généralement des fonctionnalités comme :
- le suivi des ouvertures ;
- le suivi des clics ;
- les statistiques de campagne.
Pour le moment, inutile de désactiver tout dans la précipitation.
En revanche, je te conseille de :
- vérifier les paramètres de suivi activés sur ton compte ;
- suivre les communications de ton prestataire ;
- consulter leur documentation lorsqu’ils annoncent une mise à jour liée au RGPD ou à la CNIL.
Les grands acteurs du marché adaptent généralement leurs outils lorsque la réglementation évolue.
Comment savoir si tu es concerné ?
Pose-toi simplement ces quelques questions.
☐ Tu envoies une newsletter ?
☐ Tu consultes les taux d’ouverture ?
☐ Tu consultes les taux de clics ?
☐ Tu utilises MailPoet, Brevo, Mailchimp ou un autre outil d’emailing ?
☐ Tu réalises des campagnes marketing ?
☐ Tu as déjà vérifié les paramètres de suivi de ton outil ?
Si tu réponds « oui » à plusieurs de ces questions, cela vaut probablement le coup de vérifier que tes pratiques restent conformes aux recommandations les plus récentes.
Que faire dès maintenant ?
Pas besoin de tout remettre en question.
Quelques vérifications suffisent.
Je te conseille notamment de :
- vérifier les paramètres de suivi de ton outil d’emailing ;
- relire ta politique de confidentialité ;
- vérifier que ton recueil du consentement est cohérent avec tes pratiques ;
- suivre les communications de ton prestataire (MailPoet, Brevo, Mailchimp…) ;
- rester attentif aux prochaines publications officielles de la CNIL.
Pas de panique, mais ne fais pas l’autruche
Comme pour la facturation électronique ou les nouvelles obligations applicables aux boutiques en ligne, le plus important est de ne pas attendre le dernier moment.
La réglementation du numérique évolue régulièrement.
Prendre quelques minutes pour vérifier ses outils aujourd’hui permet souvent d’éviter bien des mauvaises surprises demain.
Je peux t’aider
Tu ne sais plus si ton site internet, ta newsletter ou tes outils sont correctement configurés ?
Je peux t’accompagner pour réaliser un audit de conformité de ton site WordPress, vérifier les principaux points liés au RGPD, à la gestion des cookies, aux outils d’emailing et t’aider à mettre en place les bonnes pratiques.
L’objectif n’est pas de transformer ton site en usine à gaz, mais de t’aider à travailler sereinement, avec des outils adaptés et conformes.
❓ FAQ
Les pixels de suivi sont-ils désormais interdits ?
Non !
À ce jour, ils ne sont pas interdits. La CNIL précise surtout les conditions dans lesquelles leur utilisation doit respecter les règles existantes en matière de protection des données.
Dois-je arrêter d'envoyer ma newsletter ?
Non. Les newsletters restent parfaitement autorisées. L’important est de vérifier comment les données de suivi sont utilisées et si tes pratiques sont conformes.
Suis-je concerné si j'utilise MailPoet, Brevo ou Mailchimp ?
Tu peux être concerné si tu utilises les fonctionnalités de suivi des ouvertures ou des clics. Il est conseillé de vérifier les paramètres de ton outil et de suivre les mises à jour de ton prestataire.
Les emails de confirmation de commande sont-ils concernés ?
Les emails transactionnels (commande, facture, devis, livraison, réinitialisation de mot de passe…) répondent à une demande du client et ne sont pas dans la même situation que les emails marketing.
Dois-je modifier immédiatement mon site internet ?
Pas forcément. En revanche, c’est un bon moment pour vérifier ton site, ta politique de confidentialité, ton outil d’emailing et ton recueil du consentement afin de t’assurer qu’ils sont toujours en adéquation avec les recommandations les plus récentes.
📅 Article mis à jour le 15 juillet 2026.
Les recommandations de la CNIL continuent d’évoluer. Cet article présente l’état des connaissances à sa date de publication et sera mis à jour en cas de nouvelles précisions officielles.





